Véhicule équipé grand raid

La préparation d’un véhicule… patience et brousouffes.

Pourquoi un 4×4 ?

Aménagé une fourgonnette, acheter un camping-car…je n’ai pas hésité longtemps. Après deux mois de réflexions (visites de sites, forums, échanges de mails, déplacement sur un salon du « véhicule de l’Aventure ») l’achat d’un véhicule équipé grand raid s’imposa. Je pense partir longtemps, emprunter des terrains difficiles et pouvoir atteindre des sites isolés. Bref, je voulais me laisser un maximum d’opportunités… au moins intellectuellement parce que dans la pratique on ne va pas forcément où l’on veut tout simplement parce que certaines voies, certains sites sont des propriétés privées !! Pour espérer cette liberté de déplacement au long cours, il me fallait un peu de place (la fourgonnette était trop petite pour y vivre plusieurs mois avec un espace de travail suffisant confortable pour trier des photos, réaliser des montages vidéo, alimenter le blog). Le camping-car était trop grand, lourd, encombrant pour espérer atteindre des endroits reculés. Les deux types de véhicules ont des gardes au sol, puissances peu compatibles avec des chemins difficiles. Restait un 4×4 … équipé grand raid.

Mais un 4×4 c’est pas écolo ?

C’est une question légitime mais souvent emprunte de raccourcis. Il ne s’agit pourtant pas de nous dédouaner de toute pollution, de les minimiser, de sous-estimer notre empreinte carbone mais d’expliquer nos choix d’actions, notre mode opératoire avec le plus de transparence et d’honnêteté possible.

 

Tout d’abord, nous ne donnons pas de leçons, n’interdisons RIEN (relire le site, « donner des arguments pour que chacun puisse se faire sa propre opinion et puisse faire des choix raisonnés, à défaut d’être toujours raisonnables »). Nous ne voulons pas non plus opposer les modes de déplacements, affrontés des personnes, tout au plus, confronter si le débat s’installait. En tout cas, cette question nous nous la sommes posée et elle nous a sacrement perturbée puisque la conservation de la biodiversité passe également par une réduction des émissions de CO2 !!!

En ce qui nous concerne, pour se déplacer dans les zones ciblées, à la rencontre des chercheurs impliqués dans la recherche en biologie de la conservation, les routes sont généralement peu accessibles, dans des contrées reculées où le 4×4 (voire la pirogue) est le seul moyen pour se déplacer.

D’autre part, lors de la prise en compte des émissions de CO2, il faut faire un bilan carbone global de notre mode de vie, « du puits à la roue », « du berceau à la tombe ». En l’occurrence ici, il faut prendre en compte nos pollutions en particules et émissions de CO2 liées aux déplacements c’est-à-dire liées à l’usage du véhicule. Mais il faut aussi prendre en compte celles liées à la fabrication du véhicule et sa durée de vie (alors qu’un véhicule classique est à changer au bout de 200 000 km, les 4×4 sont très robustes et dépassent fréquemment les 500 000 km ! cela fait des émissions liées à la fabrication – sac à dos écologique – et au recyclage très importants, dès lors évitées, et bien plus qu’un véhicule électrique). Ensuite il faut prendre en compte notre mode de vie global : nourriture, chauffage, consommation électrique et de chauffage, cuisson, consommation d’eaux chaudes et froides, notre habillement… Ici, excepté une consommation liée aux déplacements très importante (13l/100 km comme de très nombreux camping-car), indéniable, et la consommation des data-centers pour le stockage de nos mails et vidéos, l’alimentation sera locale et de saison (par convictions personnelles, mais aussi pour des raisons budgétaire, d’immersion dans les coutumes locales, et le peu de place dans notre frigo de 50L pour 3), très peu carnée (de la volaille dans la quasi totalité des cas, à faible émissions de CO2, bien inférieures aux fromages par exemple), le chauffage est réduit dans les régions tropicales (sauf en altitude et la cellule, très exigüe et qui se réchauffe très vite pour une consommation minime de 7 litres de gasoil/semaine), la cuisson se fait par un petit réchaud de montagne, l’électricité et l’eau chaude sont produites par des panneaux solaires sur le toit de la cellule. Enfin, nous sommes libérés de tout appareil électroménager, de chaîne hifi, de télévision(s) … en veille ou allumés ! Quant aux achats divers et variés, compulsifs ou non, aux gaspillages en tout genre… ils sont, de fait, très limités avec ce mode de vie ou chaque espace est compté. Pour finir, avec un bac de 80L pour 3 personnes pour la vaisselle et les douches, notre consommation d’eau est très réduite puisque nous tenons 3 jours (à titre de comparaison, un touriste consomme 8 fois plus d’eau lorsqu’il est hors de chez lui soit 8 x 125 litres/jour/personne pour un français : 1200 L /jour !!!!).  Bref, notre bilan carbone est très en-dessous de celui d’un français … vivant en France !!!

Des compléments d’informations sont disponibles sur un site très bien documenté : https://www.auroredaventures.com/quand-le-4×4-rend-eco-responsable/

Rien n’est vraiment simple !

 

Enfin, le calcul des émissions de CO2 liées à l’ensemble de nos déplacements (45000 km en 4×4 vraisemblablement ce serait plutôt 30000 km ; 12 vols en avions France-Uruguay, puis Pérou-France, France-Pérou, Costa-Rica-France pour 3 personnes, et bateau pour le 4×4 France-Uruguay puis Costa-Rica-France) a été estimé sur le site de la Fondation Yann Arthus Bertrand et le cout de la compensation carbone évalué à 1200 (nous avons arrondi à 1500). Cet argent servira à la plantation d’arbres en Colombie au sein de l’association. Opération à laquelle nous espérons participer en Amérique du sud pour réaliser une opération blanche sur nos émissions carbone.